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Humans and their environment in Mauritania during the Holocene
by
Ould Mohamed Naffe, Baouba
Université de Nouakchott
Humans were present in the Sahelo-Saharian region since 700 ka ago. The main Palaeolithic phases are recorded by their tools (galets aménagés, bifaces, outils à pédoncule, petites pièces sur lames). The remains of this ancient human presence are abundant where the surface is stony (such as the plateaux of the Adrar and of the Tagant). However it seems that these populations were entirely dependent on opportunities given by their changing environment. The region was totally abandoned several times because of periods of extreme aridity until 17,500 yr BP. A new important period of occupation started at 12,000 yr BP. This comes with a series of changes in the environment, economy, techniques and cultures. On the climatic point of view, the return of humidity with the beginning of the Holocene is crucial. At the same time, the Mauritanian space becomes intensely peopled again. Neolithic cultures are establishing themselves, with the technical transformations as well as the economical ones that define this period.
A slow deterioration of the climatic and environmental conditions starts around 3,000 yr BP. At the same time that these populations with production means better adapted to a degraded environment start to spread over the centre and the north of the country, urban centres appear in the Sahelian zone and contribute to the prosperity of the trans-Saharian trade.
In this talk, we aim at presenting the situation since the beginning of the Holocene. As far as the archaeological remains allow it, we will highlight the importance of the natural resources that were available to the Neolithic populations. We will also show the adaptation of those people to their changing environment. We will end by remarks concerning historical situations clearly marked by the acceleration of the degradation and by the increasing impact on humans.
(We owe most of the information on prehistory to Dr R. Vernet.) L’ancienneté de la présence humaine dans l’espace saharo-sahelien au niveau de la Mauritanie est attestée depuis plus de 700000 ans. Les grande phases du paléolithique sont représentées à travers les outils correspondants (galets aménagés, bifaces, outils à pédoncule, petites pièces sur lames). Les témoins de cette présence humaine ancienne sont abondants là où il y a la pierre (les plateaux de l’Adrar et du Tagant). Mais il semble que cette humanité était fortement subordonnée aux opportunités offertes par l’environnement. La région s’est quasiment vidée à plusieurs reprises à cause d’épisodes d’une extrême aridité jusqu’à 17500 ans BP. Une nouvelle période d’occupation humaine de grande ampleur s’amorce à partir de 12000 ans BP. Elle accompagne une série évolutions, environnementale économique technique et culturelle. Sur le plan climatique, le retour de l’humidité avec l’holocène fut sans doute déterminant. En même temps que l’espace mauritanien se repeuple densément, les cultures néolithiques se mettent en place, avec les transformations techniques et économiques qui définissent cette période.
Une lente péjoration des conditions climatiques et environnementale commence à se confirmer vers 3 000 ans BP. En même temps que es populations aux moyens de production plus adaptées à un environnement dégradé commencent à parcourir le centre et le nord du pays, des centres urbains voient le jour dans la partie sahélienne et participent à la prospérité du commerce transsaharien.
Dans ce bref exposé, nous allons aborder, la situation depuis le début de l’holocène. Nous soulignerons, autant que le permettent les témoins archéologiques, l’importance des ressources naturelles dont disposaient les hommes au néolithique, en évoquant l’adaptation de ces hommes au changements subis par l’environnement Nous terminerons par des remarques concernant des situations historiques, fortement marquées par l’accélération des phénomènes de dégradation et par l’ampleur de leurs conséquences sur le plan humain.
1. Le néolithique Dans la zone saharo-sahélienne, les début du néolithique sont généralement situés vers 10 000 ans BP. dans les massifs centraux et au cours du VIIe millénaire dans presque toute la Mauritanie (Un site néolithique à Tintane, région de Nouadhibou a été daté de 6390 an BP.) Mais au cours de cette période considérée globalement comme humide, les traces de l’occupation humaine et des études paléo climatiques font ressortir en fait trois séquences relativement humides séparées par des périodes arides.
La chronologie de ces trois humides est la suivante : 7500 - 6000 ans BP. ; 5500 - 4500 ans BP. ; 3500 - 3000 ans BP.
Pendant les périodes de grande humidité, les hommes s’établissent à proximité de l’eau retenue dans les dépression et les cours d’eau pérennes. Presque partout en Mauritanie les cordons dunaires portent des sites d’habitat néolithiques. Ces dunes alors couvertes de végétation bordaient des zones régulièrement inondées et offraient de riches pâturages à un gibier abondant et varié. Les possibilités de chasse se trouvaient grandement élargies, d’autant plus que l’usage de l’arc au néolithique facilitait considérablement la tâche des chasseurs ainsi libérés des contraintes liées à la qualité des outils au paléolithique.
La chasse Trois catégories d’animaux furent chassés selon les périodes : La faune dite éthiopienne : l’hippopotame, l’éléphant, le rhinocéros, la girafe La faune sahélienne : antilopes et bovidés La faune saharo-sahélienne : antilopes, gazelles, autruches On le voit, la faune terrestre au néolithique compte un grand nombre d’espèces tropicales comme le rhinocéros, l’éléphant, le buffle, les antilopes, les gazelles etc. et dans les lacs abondent les vertébrés aquatiques comme l’hippopotame, le crocodile, les tortues, les poissons d’eau douce.
Les restes osseux et la grande variété des pointes de flèche retrouvés sur les différent sites néolithiques de Mauritanie illustrent l’importance de la chasse dans la vie des hommes à cette époque. La chasse a continué à jouer un rôle important dans la vie économique des populations dans cette partie méridionale de l’Ouest saharien. Les peaux de « lamt » (oryx) alimentaient une partie du commerce transsaharien à l’époque médiévale, et même de nos jours, un groupe, de plus en plus réduit il est vrai, se consacre exclusivement à la chasse dans le sud-est mauritanien. Ce sont les Nmadi.
La pêche Sur les bords des lacs de l’holocène, les hommes ont pratiqué la pêche avec différentes techniques. Les traces de cette pêche ont été relevé en plusieurs endroits. Un Mauritanie, les dépressions se trouvant au pied des plateaux conservaient assez d’eau en permanence pour permettre une pêche qui se faisaient à pied, à l’hameçon, au filet et probablement au harpon. Dans le baten de Tichitt, à Cemchane, à L’Azrag, la récolte coquillages lacustres, se conjuguaient avec la pêche des poissons d’eau douces et la chasse d’autres catégories de la faune aquatique pour répondre au besoins d’une population assez bien outillée.
Sur le littoral atlantique les oscillation du niveau de la mer au cours de l’holocène on favorisé la mise en place d’un milieu lagunaire aux eaux chaudes et peu profondes. Là aussi, les hommes ont récolté différentes variétés de coquillage dont témoignent les innombrables amas coquillés, échelonnés le long de cette côte autrefois découpée qui sont considérés comme des reliefs de cuisine. Les traces d’une mangrove propice à l’huître et d’autres espèces dont la présence nécessitait un apport saisonnier en eau douce ont été relevées. Avant les débuts de la pêche moderne, le littoral ne semblait intéresser qu’une communauté réduite dont les Imraguen semblent perpétuer la tradition aujourd’hui.
L’élevage Il difficile pour le moment de dater les début de l’élevage en Mauritanie. On sait seulement que la présence du bœuf domestique au néolithique est attestée par la présence des gravures rupestres dans l’extrême nord (région de Bir Mogrein), dans l’Adrar (al-Qallaouiya) et au Hodh (région de Tegdaoust). Les chars tirés par des bœufs figurent parmi les représentations relevées dans ces régions. Les ossements provenant des bovidés sont majoritaires dans les faciès néolithiques de Chami, de Khat Lemaïteg, autour de Nouakchott et dans la région de Tichitt. Dans cette dernière région un grand nombre de village fortifiés, construit en pierre, présentent des enclos vraisemblablement destinés à parquer le bétail.
Le cheval et surtout le chameaux apparaissent vers la fin du néolithique, vers 2 000 ans BP, avant de se partager la région ; au cheval les zones à dominante sahélienne et au chameau celle où l’emprise du désert est plus marquée. Au moment où des constructions étatiques commençaient à se constituer au Sahel (Ghana), la maîtrise des régions sahariennes passait au mains des éleveurs de chameaux. Cette répartition reste cependant schématique et entre les zones où seul le chameau peut survivre et celle où les conditions plus clémente permettent une plus grande diversité de l’élevage, avec une prépondérance de bovins, il y a une bande intermédiaire dans laquelle bovins et chameaux ont pu coexister de façon plus ou moins durable et jusqu’à des périodes subactuelles.
L’agriculture Les spécialistes de la préhistoire ne sont pas encore d’accord sur les débuts de l’agriculture en Mauritanie. L’abondance du matériel de broyage destiné à produire la farine de céréales à des fin alimentaires et associé à d’autre vestiges préhistoriques ne suffit pas à prouver la pratique de l’agriculture. Des céréales sauvages ont sans doute pu être utilisées. Il semble cependant que dans la région de Tichitt, l’agriculture est effective à partir de 3 000 ans BP.
Il est très probable que la précarité des conditions environnementales ait conduit les populations à associer diverses activités pour tirer le maximum d’un milieu plutôt fragile. La pratique de l’élevage à côté de la chasse, de la pêche,de la cueillette ou de l’agriculture était tout à fait possible en fonction des situations écologiques locales.
2. Les temps historiques La situation au Moyen Age Il semble que la lente péjoration actuelle du climat dans l’ouest saharien a pris un caractère quasi irréversible depuis plus de 2 000 ans. L’assèchement des zones lacustres consécutif à la diminution des pluies et à leur irrégularité aboutit à un partage de fait du territoire entre les types d’activités qui s’adaptent les mieux à l’écologie. L’extension des zones proprement désertiques ou presque poussent les population sédentaires qui pratiquent l’agriculture et l’élevage des bovins vers le sud. Seuls les plateaux servirent de refuge à des activités agricoles de type agricole exercées par des populations probablement semi sédentaires.
Dans l’Adrar, les plus anciennes palmeraies attribuée au peuple Bafour font de cette région le plus ancien foyer du palmier dattier en Mauritanie, tandis que les cuvettes d’épandage qui se remplissent au gré des pluies sont cultivées en céréales et en pastèques entre autres. Cette agriculture fournit un apport essentiel à l’alimentation d’une population dont la vie repose principalement sur l’élevage. Au Tagant les traces de parcellaire et de nombreux vestiges de greniers attribués aux Gangara sont les témoins d’une activité autrefois significative. Aujourd’hui encore Les anciennes zones de culture sont périodiquement exploitées suivant quand les plus, de plus en plus rares, le permettent.
Autours de ces plateaux, les plaines sont le domaine d’un élevage centré sur le chameaux. Plusieurs sources médiévales mentionnent que ces vastes étendues étaient parcourues par de groupes nomades possédant d’important troupeaux de chameaux. En plus de sa sobriété, le chameau était élevé pour le lait, la viande et surtout el transport. La connaissance des itinéraires et la qualité de l’animal qui constitue leur principale richesse des sahariens avaient fait des ces hommes des acteurs majeurs dans la commerce entre les deux rives du Sahara. Pendant tout le Moyen Age les caravanes de chameaux ont porté des produit d’Afrique du Nord et du Sahara dans tout le Soudan occidental, d’où elles ramenaient quantité de produits sahéliens. Les deux produits phares de ce commerce étaient le sel et l’or. L’épanouissement des villes anciennes de Mauritanie étaient dans une grande mesure lié à l’importance de ce trafic caravanier et à leur rôle d’escale sur des itinéraires souvent périlleux. Les sources historiques mentionnent en particulier les difficultés de la traversées et la rareté des point d’eau sur les itinéraires caravaniers.
Les crises climatiques récentes Les liens entre les conditions de vie des homme dans ces régions et la situation du milieu naturel sont si fort que les faits remarquables au plan de l’environnement comptent parmi les événement que la mémoire collective retient le plus. Ces événement constituent des repères chronologiques dont se servent constamment les gens pour dater telle ou telle autre situation (il est tant d’année avant ou après l’année de la grande sécheresse, il a voyagé l’année de la grande inondation etc.) Cette importance s’exprime aussi dans le langage: les années de grande sécheresse sont qualifié de « années de précarité », « année de disette ». En revanche, les années de bonne pluviométrie sont retenue comme « année de la miséricorde », « année de l’abondance ».
Cette omniprésence de l’histoire environnementale dans les traditions orale se remarque au niveaux des chroniques écrite dans les différentes régions de Mauritanie. Les auteurs de ces chroniques s’appliquaient à noter les « bonnes années » et les « mauvaises années ». Les exemples suivants sont tirés de la chronique de Oualata.
« En 1244 (1828-29) les gens de Oualata firent une récolte magnifique et on ne cessa de faire la cueillette jusqu’à la saison sèche. Ce fut une année de pâturage et d’abondance pour nous » « En 1249 (1833-1834) eut lieu une grand sécheresse et la famine dans le Takrur, à Oualata, à Araouan et dans les villages du Soudan. La barre de sel atteignit la valeur d’une mesure de grain (20 à 25 mesures en année normale) . Un grand nombre de captifs et d’autres personnes mourut de fin. » Les crise climatiques contemporaines qui surviennent de façon cyclique n’ont plus les mêmes effets dramatiques sur le plan humain, que par le passé, du fait des possibilités de communications et d’intervention modernes. Mais leurs effets au niveau écologique sont aggravés par la pression démographique et le surpâturage. Les équilibres au niveau du couvert végétal, affecté chroniquement par les sécheresses cycliques, sont de plus en plus difficiles à se rétablir. La pression sur le couvert végétal facilite le travail destructeur de l’érosion et accélère le rythme de la désertification. Le déboisement quantitatif et qualitatif livre de larges secteurs, en extension permanente, à l’ensablement. Dans des villes anciennes comme Chinguetti et Oualata les quartiers anciens subissent inexorablement l’assaut des sables, qui atteignent par endroits le niveau des terrasses.
Le même sort menace nombre de palmeraies. L’oasis de Chinguetti autrefois luxuriante se limite aujourd’hui à quelques îlots isolés de tous cotés par une véritable mer de sable. Le effets de cette désertification n’épargnent pas non plus les voies de communication et rares sont les routes qui ne font pas régulièrement l’objet d’intervention de désensablement pour assurer la fluidité du trafic.
Il n’est pas utile d’insister sur la force du rapport de l’homme à son environnement, tant ce rapport est évident. Par contre dans un milieu particulièrement instable comme celui la zone saharo-sahélienne, la fragilité des équilibres écologiques et la modestie des moyens techniques et financier imposent une gestion rationnelle de l’environnement. La survie est à ce prix.
Date received: January 27, 2004
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